Voyeur

 

J’avais publié sur l’ancienne version du site cette série d’images épinglées avec le mot clef « voyeur »… Toutes en noir et blanc elles racontent une histoire, une surprise, une photo volée. Toutes sont trouvées au hasard du net et rassemblées ici pour le besoin de la cause. J’admire pour certaines le côté « reportage sur le vif » en particulier par la surprise de certains regards, ou le choix délibéré d’un angle de vue, de nature à plonger celui qui regarde la photo dans le rôle et la place dudit voyeur. Par certains aspects ça peut mettre mal à l’aise et donner envie de s’effacer sur la pointe des pieds. Mais il est par ailleurs indiscutable qu’il y a un coté piquant dans la situation!

 
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Je crois que les hommes et les femmes aiment voir et observer, mais aussi se montrer et donner à découvrir. Ce jeu parfois pervers repose cependant sur la règle choisie par la volonté de chacun de prendre ou d’être pris. Je me souviens ainsi d’une soirée vers Bandol. Alors encore jeune, j’avais participé à une soirée dans un club jouxtant le Casino. En rentrant à l’hôtel, je flânais sur le parking, fumant une dernière cigarette avant d’accepter le sommeil. Une belle voiture rouge surgit. Un couple d’âges très éloignés vint se garer sur le dernier emplacement libre. Rires et baisers, tendresse, mains sur les hanches. Au rez de chaussée, la porte d’une chambre s’ouvrit à la volée et ne se ferma pas. Surpris, j’allumais une seconde cigarette faisant les 100 pas dans cet espace bordé de palmiers et rythmé par les bruits lancinants de l’autoroute voisine. Il était 4 heures du matin. Seule la lumière de cette chambre demeurait. Et cette porte oubliée…

je glissais comme un insecte vers ce halo. Je fis mine de passer devant comme un touriste regagnant sa chambre. Elle était assise sur son visage, ondulant comme prise de démence. En rythme, à chacune de ses saccades, elle lui empoignait le sexe avec frénésie. Je glissais dans l’ombre de la chambre voisine. Tout était calme à part les premiers sons de la pièce lumineuse. Je n’osais plus bouger. Les premiers signes de ma propre excitation étaient gênants. Comment marcher avec ça ? Suis-je devenu ce pervers libidineux des mauvais films X…? Pourtant c’était trop beau, trop inattendu! Je fis le tour de l’hôtel pour ne pas pas avoir l’air de passer et repasser. En revenant à l’angle de la fenêtre lumineuse, j’avais l’impression d’un peep-show en drive in.. La tête aux pieds du lit, les cheveux basculés en avant, elle vivait un instant magique. Tous les deux regardaient vers la fenêtre tout en se faisant un amour sauvage et visiblement longuement attendu. Tout en la prenant sans retenue il me regarda droit dans les yeux. J’étais repéré mais attendu… D’un pas de côté je me révélais donc à eux au travers de la vitre de cet hôtel respectable entre Bandol et Toulon. Il lui dit un mot du genre « on nous regarde » à voix basse. J’étais pétrifié mais tellement excité que seule ma gorge sèche révélait le caractère improbable de la situation. Elle mit ses cheveux de côté et me regarda à son tour sans exprimer aucune expression à mon endroit si ce n’est celle du plaisir qu’elle semblait ressentir dans tout son épiderme.
 
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Le spectacle qui suivit demeura totalement silencieux comme dans un vieux film. Elle se retourna afin d’offrir ses fesses à mon regard pendant qu’à nouveau il la pénétrait. Je vis qu’une glace inclinée leur permettait de m’observer quand ils étaient dans cette situation. Qu’attendaient-ils de moi ? Un plan à trois ? Je ne bougeais pas afin de ne pas rompre le fil… Ils mirent en scène leur amour de multiples manières. Jouissant d’eux-mêmes et de mon regard. Quand l’heure fut venue, elle glissa ses lèvres sur lui afin de le conduire vers son plaisir. Encore une fois, assis au bord du lit, elle plaçait ses cheveux afin que je ne rate rien de sa dextérité. Je le vis renverser sa tête en arrière puis se laisser tomber sur le matelas tandis qu’elle le serrait encore plus fort dans sa main et sa bouche. Il avait visiblement joui… Elle se glissa sur lui, agitant ses fesses vers moi comme pour me saluer d’un dernier sourire. Inutile de vous indiquer mon émotion…
 
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Puis en quelques secondes, elle se leva, referma d’un geste la porté béante, embrassa sa main et la colla sur la vitre juste devant mes yeux, et d’un coup sec tira le rideau de la chambre! J’avais donc bien fait de ne pas bouger…

Je mis quelques temps à trouver le sommeil…

 

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